„C’était plus que l’enfer, les gars, pire que la folie… Tu crois que c’est fini, et ça repart… Hop! on remet ça… Les gardiens, ils s’arrangent pour te trouver un merdier à ta pointure et ils te travaillent à petit feu en attendant que d’autres carrières s’ouvrent. Ça les divertit, vu qu’ils n’ont pas grand-chose à foutre sauf à nous arranger le portrait… Des monstres! Ils ont pas de pitié, 'et plus tu râles, plus ils sont fiers de ce qu’ils te font subir'… […] Quant aux forçats, ils sont plus vilains encore. Tu dis « bonjour » et ils te rétorquent « et puis quoi encore?… » comme si t’avais proféré une grossièreté… T’avais raison à cent pour cent, Ach. Au terrain vague, on est dans le meilleur des mondes. Ici, on est NOUS. Horr ou pas, on se serre les coudes. On fait avec, on fait sans, c’est pas important. Ici, il suffit de se lever le matin pour se retrouver en plein dans la vie. Là-bas, que tu dormes ou que tu veilles, t’es toujours à deux doigts de te faire zigouiller…“

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„Que te dire, Amine? Je crois que même les terroristes les plus chevronnés ignorent vraiment ce qu’il leur arrive. Et ça peut arriver à n’importe qui. Un déclic quelque part dans le subconscient, et c’est parti. Les motivations n’ont pas la même consistance, mais généralement, ce sont des trucs qui s’attrapent comme ça, dit-il en claquant des doigts. Ou ça te tombe sur la tête comme une tuile, ou ça s’ancre en toi tel un ver solitaire. Après, tu ne regardes plus le monde de la même manière. Tu n’as qu’une idée fixe : soulever cette chose qui t’habite corps et âme pour voir ce qu’il y a en dessous. À partir de là, tu ne peux plus faire marche arrière. D’ailleurs, ce n’est plus toi qui es aux commandes. Tu crois n’en faire qu’à ta tête, mais c’est pas vrai. T’es rien d’autre que l’instrument de tes propres frustrations. Pour toi, la vie, la mort, c’est du pareil au même. Quelque part, tu auras définitivement renoncé à tout ce qui pourrait donner une chance à ton retour sur terre. Tu planes. Tu es un extraterrestre. Tu vis dans les limbes, à traquer les houris et les licornes. Le monde d’ici, tu ne veux plus en entendre parler. Tu attends juste le moment de franchir le pas. La seule façon de rattraper ce que tu as perdu ou de rectifier ce que tu as raté – en deux mots, la seule façon de t’offrir une légende, c’est de finir en beauté : te transformer en feu d’artifice au beau milieu d’un bus scolaire ou en torpille lancée à tombeau ouvert contre un char ennemi. Boum! Le grand écart avec, en prime, le statut de martyr. Le jour de la levée de ton corps devient alors, à tes yeux, le seul instant où l’on t’élève dans l’estime des autres. Le reste, le jour d’avant et le jour d’après, c’est plus ton problème; pour toi, ça n’a jamais existé.“

—  Yasmina Khadra écrivain algérien 1955

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