„Georges Ricard-Cordingley est le seul peintre de marine qui ait vu le jour à Lyon : c’est un artiste de l’école lyonnaise par son goût de l’ésotérisme, le rôle donné à l’art dans ses écrits, autant que par sa sensibilité à la brume, ses tons délicats, ses harmonies subtiles. Voici l’homme : mélange de retenue, de modération, de finesse, d’absence d’audace apparente dans la traduction des sentiments et émotions, traits communs à Orsel comme aux Flandrin. Issu d’un père dénommé Ricard (plusieurs artistes sans liens de parenté portent alors ce nom) et d’une mère anglaise née Cordingley, il mêle pour se distinguer les deux « patronymes » dans sa signature d’artiste. Ricard-Cordingley a été désigné comme peintre des gris colorés, tons que l’on retrouve dans le style nuancé des deux écoles et dans l’atmosphère des deux villes, Lyon et Londres, où son renom débuta. Les deux autres pôles où il séjourna sont Boulogne-sur-Mer et Cannes. Des brumes matinales de la mer du Nord aux brumes crépusculaires de la Côte d’Azur il existait un lien et son œuvre se complaira dans l’incertain et l’indéterminé que traduit si bien ce « bilinguisme» artistique aux émotions douces et tendres. Si le « can’t » est la règle, la mesure est la seule loi de son harmonie. Il n’est jusqu’à sa passion pour l’aquarelle qui n’aille des tons purs de Constable aux pâleurs opalines d’un Ravier. Son dessin est subtil encore : crayon gras au Maroc et haute montagne, il épouse le fusain dès qu’il est question de la mer. Le fusain avec sa lumière d’ombre est l’indispensable technique au rendu des soirs, la voie du mystère. Différente ou plutôt diverse, à l’huile, à l’aquarelle, au fusain, son œuvre porte la marque du rêve qui en fait l’unité. Après la destruction de son atelier en 1940 à Boulogne-sur-Mer par fait de guerre, que reste-t-il de ses créations, de ses portraits de jeunesse qui enchantaient la « gentry », des grandes décorations, dont celle du casino de Wimereux, détruit lui aussi. Pour juger ses ambitions et ses rêves il ne demeure qu’environ deux cent cinquante études, encore moins d’aquarelles et de dessins en dehors des tableaux vendus de son vivant. Il subsiste cependant un « liber veritatis » où cet angoissé de perfection a noté, croquis et aquarelles à l’appui, tout ce que marchands et collectionneurs ont éparpillé dans le monde. Le jour viendra-t-il où la blanche nef des rêves mystiques lyonnais et les falaises claires de la légendaire Albion se joindront dans un commun hommage à leur concitoyen trop oublié.“

—  Georges Ricard-Cordingley, Sur Cordingley
Publicité

Citations similaires

Stuart Merrill photo
Camille Saint-Saëns photo

„Là où Mendelssohn peignait des aquarelles, Schumann a gravé des camées.“

—  Camille Saint-Saëns pianiste, organiste et compositeur français de l'époque post-romantique 1835 - 1921
Regard sur mes contemporains, ed. 1990

Publicité

„Nous y étions, la mer et moi. Et la mer était seule et moi, j'étais seul. Un de nous deux manquait.“

—  Antonio Porchia 1885 - 1968
Eramos yo y el mar. Y el mar estaba solo y solo yo. Uno de los dos faltaba. es

Barack Obama photo

„S'il y a quelqu'un qui doute encore que l'Amérique est l'endroit où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos pères est encore vivant, qui s'interroge sur le pouvoir de notre démocratie, ce soir vous lui avez répondu.“

—  Barack Obama 44e président des États-Unis 1961
Discours de victoire, If there is anyone out there who still doubts that America is the place were all things are possible, who still wonders if the dream of our fathers is alive in our times, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer. en Discours du 4 novembre 2008 à Chicago, pour la victoire aux élections présidentielles.

„Le rôle de l'artiste n'est plus de créer une œuvre, mais de créer la création.“

—  Nicolas Schöffer sculpteur et plasticien français 1912 - 1992
La Ville cybernétique, 1969

Paul Morand photo
Franz Liszt photo
Octave Mirbeau photo

„Un peintre qui n’a été qu’un peintre ne sera jamais que la moitié d’un artiste.“

—  Octave Mirbeau, livre Combats esthétiques
Combats esthétiques, 1993, « Bastien-Lepage » http://www.scribd.com/doc/2239749/Octave-Mirbeau-Notes-sur-lart-BastienLepage, La France, 21 mars 1885

Jehan Rictus photo
Robertson Davies photo
Franz Liszt photo
Augusto De Luca photo
Victor Hugo photo
Christian Bobin photo

„Lorem ipsum dolor sit amet, consectetuer adipiscing elit. Etiam egestas wisi a erat. Morbi imperdiet, mauris ac auctor dictum.“