“Mais la justice n'a de sens que si elle conserve l'esprit du dés-inter-essement qui anime l'idée de la responsabilité pour l'autre homme. […] La subjectivité, se constituant dans le mouvement même où à elle incombe d'être responsable pour l'autre, va jusqu'à la substitution pour autrui. […] L'humanité dans l'être historique et objectif, la percée même du subjectif, du psychisme humain, dans son originelle vigilance ou dégrisement, c'est l'être qui se défait de sa condition d'être : le dés-inter-essement. […] La condition ontologique se défait, ou est défaite, dans la condition ou l'incondition humaine”Emmanuel Levinas , 1982
“Notons la différence entre besoin et Désir. Dans le besoin, je puis mordre sur le réel et me satisfaire, assimiler l’autre. Dans le Désir, pas de morsure sur l’être, pas de satiété, mais avenir sans jalons devant moi.”Emmanuel Levinas , 1961
“Je pense le prophétisme comme un moment de la condition humaine elle-même. Assumer la responsabilité pour autrui est pour tout homme une manière de témoigner de la gloire de l'Infini, et d'être inspiré.”Emmanuel Levinas , 1982
“En réalité, le fait d'être est ce qu'il y a de plus privé; l'existence est la seule chose que je ne puisse communiquer; je peux la raconter, mais je ne peux partager mon existence. La solitude apparaît donc ici comme l'isolement qui marque l'événement même d'être. Le social est au-delà de l'ontologie.”Emmanuel Levinas , 1982
“Le terme de « transcendance » signifie précisément le fait qu'on ne peut penser Dieu et l'être ensemble. De même, dans la relation interpersonnelle, il ne s'agit pas de penser ensemble moi et l'autre, mais d'être en face. La véritable union ou le véritable ensemble n'est pas un ensemble de synthèse, mais un ensemble de face à face.”Emmanuel Levinas , 1982
“Mourir pour l'invisible — voilà la métaphysique. […] Folle prétention à l'invisible alors qu'une expérience aiguë de l'humain enseigne, au vingtième siècle, que les pensées des hommes sont portées par les besoins, lesquels expliquent société et histoire; […] Mais être homme, c'est savoir qu'il en est ainsi. La liberté consiste à savoir que la liberté est en péril.”Emmanuel Levinas , 1961
“Être moi, c'est, par-delà toute individuation qu'on peut tenir d'un système de références, avoir l'identité comme, contenu. Le moi, ce n'est pas un être qui reste toujours le même, mais l'être dont l'exister consiste, à s'identifier, à retrouver son identité à travers tout ce qui lui arrive. […] L'identité universelle où l'hétérogène peut être embrassé, a l'ossature d'un sujet, de la première personne. Pensée universelle, est un « je pense », […] le moi qui pense s'écoute penser ou s'effraie de ses profondeurs et, à soi, est un autre.”Emmanuel Levinas livre Totalité et InfiniTotalité et Infini, 1961
“Ma première idée était que peut-être l'« étant », le « quelque chose » qu'on peut désigner du doigt, correspond à une maîtrise de l'« il y a » qui effraie dans l'être.”Emmanuel Levinas , 1982
“Par conséquent, la question importante du sens de l'être n'est pas : pourquoi y a-t-il quelque chose et non rien — question leibnizienne tant commentée par Heidegger — mais : est-ce que je ne tue pas en étant?”Emmanuel Levinas Éthique et Infini, 1982
“La relation avec autrui peut être recherchée comme intentionnalité irréductible, même si l'on doit finir par y voir la rupture de l'intentionnalité.”Emmanuel Levinas , 1982
“La relation interpersonnelle que j'établis avec autrui, je dois l'établir aussi avec les autres hommes; il y a donc nécessité de modérer ce privilège d'autrui; d'où la justice. Celle-ci, exercée par les institutions, qui sont inévitables, doit toujours être contrôlée par la relation interpersonnelle initiale.”Emmanuel Levinas , 1982