„Le monde qui se fait sous nos yeux […] obéit à la même idéologie que (celle du bourgeois du XVIIIe siècle), celle du bonheur. […] [Mais] le bonheur a changé de rôle et de signification. [Il était à l’origine] une vision plus ou moins claire d’un [monde] souhaitable. […] Mais depuis, un phénomène est apparu : le bourgeois a partiellement réalisé son objectif par la création du bien-être, au moyen d'une prolifération d'utilités. Et voici que cette multiplication d’objets à consommer produit un effet singulier : elle exige de celui qui les produit un sacrifice de plus en plus accentué, le travail; elle entraîne pour celui qui les consomme une abstraction de l’être […]. Ainsi cet homme heureux, plongé dans le bien-être, est réifié.“

Métamorphose du bourgeois, 1967

Citations similaires

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„La société de consommation a besoin de ses objets pour être et plus précisément elle a besoin de les détruire.“

—  Jean Baudrillard philosophe et sociologue français 1929 - 2007

La Société de consommation (1970), Première partie : La liturgie formelle de l'objet, Le cercle vicieux de la croissance, Le gaspillage

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„Le point fondamental est le suivant : le travail, la terre et l'argent sont des éléments essentiels de l'industrie; ils doivent eux aussi être organisés en marchés; ces marchés forment en fait une partie absolument essentielle du système économique. Mais il est évident que travail, terre et monnaie ne sont pas des marchandises; en ce qui les concerne, le postulat selon lequel tout ce qui est acheté et vendu doit avoir été produit pour la vente est carrément faux. En d'autres termes, si l'on s'en tient à la définition empirique de la marchandise, ce ne sont pas des marchandises. Le travail n'est que l'autre nom de l'activité économique qui accompagne la vie elle-même -- laquelle, de son côté, n'est pas produite pour la vente mais pour des raisons entièrement différentes --, et cette activité ne peut pas non plus être détachée du reste de la vie, être entreposée ou mobilisée; la terre n'est que l'autre nom de la nature, qui n'est pas produite par l'homme; enfin, la monnaie réelle est simplement un signe de pouvoir d'achat qui, en règle générale, n'est pas le moins du monde produit, mais est une création du mécanisme de la banque ou de la finance d'État. Aucun de ces trois éléments -- travail, terre, monnaie -- n'est produit pour la vente; lorsqu'on les décrit comme des marchandises, c'est entièrement fictif.“

—  Karl Polanyi, livre La Grande Transformation

La Grande Transformation (1944), Deuxième partie : Grandeur et décadence de l'économie de marché, Chapitre 6 : Le marché autorégulateur et les marchandises fictives : travail, terre et monnaie

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