“Les homosexuels sont des enfants à qui il faut opposer une autorité : Je ne ferais pas cette comparaison devant la presse.”Frigide Barjot (1962) humoriste et militante françaiseOpposition au projet de loi de mariage pour tous, 2012-2013
“Les chiffres sont des innocents qui avouent facilement sous la torture; mais cette facilité même leur permet ensuite de reprendre vite leurs aveux.”Alfred Sauvy (1898–1990) Économiste et sociologue françaisMythologie de notre temps, 1965
“Au-dessus de moi, grincent des mouettes aux ailes écartelées. Sous le ciel tendu, Lucille monte les marches, des centaines de marches blanches formant le piano géant des escaliers de la gare Saint Charles.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Fuis, fuis, Lucille. Fuis ces milliards de mètres cubes d’eau salée, ce ciel trop blanc..”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Quand j’ai remis ma chemise, je me suis rendu compte qu’elle sentait … Oui une odeur de transpiration végétale. La même que celle de… de … ma mère… Oui, Lucille sur une île blanche avec autour du bleu. Que du bleu. Devant, derrière. De temps à autre, je recevais de mon passé des bouteilles avec du papier jauni dedans. Et, là, c’est le présent qui tambourine à la porte.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Le train se dirige vers le Nord. Au fil des rails, la nature paraît se solidifier, se rigidifier. L’énergie du ciel passe dans les feuilles, les branches. Les arbres s’élancent plus hauts, plus verdoyants, tandis que le ciel pâlit, se trouble devant ces troncs puissants, cette force de l’herbe.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Février secoue un colossal édredon du ciel. Les flocons tombent, tombent, sur mon ventre de sept mois. Toute la neige semble dire, laisse, Lucille, oublie, oublie …”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Les travaux ménagers laissèrent donc place à une activité bien plus passionnante : la sculpture sur bois. Pourquoi le bois, cette matière tourmentée faite de fibres, s’enchevêtrant, se superposant? Peut–être parce que c’est un matériau qui asservit l’Artiste, condamné à respecter le sens des fibres du bois, à suivre leurs angoisses.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Chaque instant que je passe avec mon fils est clair, pur, comme le givre le matin au pied des racines. Un présent tout neuf, page blanche et vierge, pour une nouvelle Lucille.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Pourquoi ce rejet de la mort? Pourquoi ne parle-t-on que de la naissance de l’homme, jamais de son agonie? Moi, mon agonie sera l’expérience de ma vie. Je m’y préparais tous les jours. Oh oui. Elle sera le retour dans le temps fœtal, la vague, le terreau.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“On rentrait, ressortait avec de grands sacs blancs, comme des ailes de cygne, laissant derrière nous l’empreinte indélébile de l’ylang-ylang.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Quand j’ai remis ma chemise, je me suis rendu compte qu’elle sentait … Oui une odeur de transpiration végétale. La même que celle de… de … ma mère … Oui, Lucille sur une île blanche avec autour du bleu. Que du bleu. Devant, derrière. De temps à autre, je recevais de mon passé des bouteilles avec du papier jauni dedans. Et, là, c’est le présent qui tambourine à la porte.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Figures de proues, les souvenirs surgissaient sans cesse dans le liquide du quotidien. Mon passé ne cessait me tendre des miroirs, où se reflétaient paroles, odeurs, gestes. Oublier. Tout? Est-ce qu’on peut seulement? Et puis la mémoire serait peut-être la seule protestation contre la maladie mentale? Ne rien se rappeler, c’est entendre tinter derrière soi le grelot de la folie. Oui mon passé est là, impérieux, pressant. Un énorme paquet encombrant. D’accord, d’accord, Lucille se mutilait parce qu’elle souffrait trop. Bien. Parce que la douleur physique en remplaçait une autre plus grande, encore. Bon. Et alors? Ce passé, quoi en faire aujourd’hui? Vieilles souffrances, plaies, quel sens leur donner?”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Eh, oui, Lucille cet ancien grumeau, enfin intégrée, malaxée, dans la pâte chaude de la Société. Après tout, guère compliqué, je me dis en gravissant les marches : suffit de rentrer dans la boîte et couic-couic de couper tout ce qui dépasse.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Il secoue la tête voulant dire non. Un NON froid, bleu et colossal qui se dresse devant moi. Me barre la route.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Lucille, écroulée sur le lit. Lucille, hoquetant, suffoquant. Où peut-on trouver autant de noir pour gribouiller sur l’existence des humains?”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“J’ai versé du café lyophilisé dans la tasse. La poudre forme une tache noire dans l’eau chaude. Un soleil noir qui s’étend, s’étend en longs filaments. Les longs tentacules bruns envahissent tout le liquide, toute la cuisine.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Phi, mon pauvre Phi, t’auras beau faire, beau dire, je serai toujours une belle porcelaine, toujours fêlée. Ça fuira toujours Phi.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003
“Elle m’ouvrit la porte. Sa chevelure frais teint en orange surmontait un tablier autant orange, un tablier hideux vraiment, avec des pâquerettes velues aux tiges tordues.”Anne Calife La déferlanteLa déferlante, 2003