„C'est étrange que les choses en soient venues à ce point à notre époque, et que la philosophie ne soit, même pour les gens intelligents, qu'un mot creux et chimérique, qui ne soit d'aucune utilité et n'ait aucune valeur, ni dans l'opinion générale, ni dansla réalité. Je crois que la cause en est que ses grandes avenues ont été occupées par des discussions oiseuses. On a grand tort de la décrire comme quelque chose d'inaccessible aux enfants, et de lui faire un visage renfrogné, sourcilleux et terrible : qui donc lui a mis ce masque d'un visage blême et hideux? Il n'est rien de plus gai, de plus allègre et de plus enjoué, et pour un peu, je dirais même : folâtre… Elle ne prêche que la fête et le bon temps. Une mine triste et abattue : voila qui montre bien que ce n'est pas laqu'elle habite.“

Dernière mise à jour 18 janvier 2019. L'histoire
Michel de Montaigne photo
Michel de Montaigne76
écrivain français, philosophe, humaniste, qui fut maire d… 1533 - 1592

Citations similaires

Annie Ernaux photo
Sénèque photo
Victor Hugo photo
Paul Léautaud photo

„Il ne faudrait pas croire (…) que je suis un vieillard répugnant. Je n'ai jamais été mieux dans ma vie par l'expression du visage, le teint uni, les lèvres rouges comme dans la jeunesse, les yeux aussi vifs que brillants. Evidemment, je n'ai pas le visage d'un bellâtre coiffeur, mais j'ai un visage plein d'expression, de caractère et hors de l'ordinaire. Je le vois à la façon dont les gens me regardent. Je suis droit comme un I, aucune voûture [sic], mince, prompt et souple. Cet exemple: je me plie sans aucune difficulté pour ramasser quelque chose par terre, sans aucun pliement des jambes. Je l'ai encore constaté ce matin. Je continue à veiller tous les soirs jusque vers minuit sans m'en ressentir en rien. Je me lève le matin, aussi lucide, - dire que j'emploie ce mot-là, moi aussi! - que le soir quand je me couche. Je dévale le matin, vers la gare, comme un zèbre, et ce serait encore mieux si je n'étais obligé par les circonstances de porter de gros souliers qui me martyrisent les pieds. Mon cerveau n'arrête pas de fonctionner sur les sujets les plus divers, mon travail, ce que je vois, ce que je lis, ce que j'entends. Je suis sans rhumatismes, sans douleurs d'aucune sorte, bien mieux portant que dans ma jeunesse. J'ai gardé ma mémoire et ma vivacité d'élocution. Je n'ai aucun défaut d'haleine ni d'odeur corporelle. Je n'ai comme malheur que mon manque de dents. Hélas! c'est quelque chose. C'est gravement quelque chose. Un autre malheur, c'est d'être devenu à certaines choses plus sensible que je ne l'ai jamais été.“

—  Paul Léautaud écrivain français 1872 - 1956

Journal littéraire, Le goût pour la relation

Voltaire photo
Vincent Van Gogh photo
Fénelon photo

„Le bon historien n'est d'aucun temps ni d'aucun pays; quoiqu'il aime sa patrie, il ne la flatte jamais en rien.“

—  Fénelon prédicateur, théologien pédagogue et archevêque français 1651 - 1715

Variante: Le bon historien n'est d'aucun temps ni d'aucun pays: quoiqu'il aime sa patrie, il ne la flatte jamais en rien.

Jules Claretie photo
Thucydide photo
Jean d'Ormesson photo
Robert Darnton photo
Jules Barthélemy-Saint-Hilaire photo
François Mitterrand photo
Robert Musil photo
Frithjof Schuon photo

„Les « preuves » philosophiques, ou plus particulièrement celles qui sont censées se prouver elles-mêmes en objectivant illusoirement le « point de départ » ou la « présupposition initiale », ne prouvent qu’une chose, à savoir la fausseté radicale du point de vue dont elles dérivent; cette tentative de la pensée formelle et finie de saisir, par ses propres moyens, sa racine transcendante, donc supra-formelle et infinie, est aussi absurde que serait l’essai d’un œil de se voir lui-même; dans les deux cas, il y a contradiction foncière. Les « théoriciens de la connaissance » sont évidemment les premiers à affirmer que la sagesse traditionnelle n’est pas arrivée à « résoudre » les « grands problèmes » de l’« esprit humain »; en réalité, il n’y a pas de problèmes pour elle et elle n’a donc jamais eu à en résoudre; son rôle consiste, sur le plan doctrinal tout au moins, à exprimer des vérités, et non pas à répondre arbitrairement à des questions mal posées. Au demeurant, rien n’est plus commode ni plus consolant, lorsqu’on se trouve dans un cercle vicieux, que de prétendre, soit que les autres s’y trouvent également, soit qu’ils sont incapables de s’y trouver; d’aucuns iront même jusqu’à rejeter la responsabilité de leur impuissance sur l’intelligence même, et l’aboutissement d’une telle attitude sera cette philosophie grossièrement imaginative, prétendument « concrète » et souvent effrontément « lyrique » dans laquelle nombre de « penseurs » croient découvrir des consonances « archaïques » autant que du génie; c’est la faiblesse intellectuelle qui, conformément d’ailleurs aux tendances générales de notre époque, se pose en art et en mystique.“

—  Frithjof Schuon métaphysicien, théologien et philosophe suisse 1907 - 1998

Avec