“[J]e me rappelle qu'on n'écoutait pas de musique à la maison. La radio était faite pour les nouvelles. Et tout ce qu'on pouvait entendre, c'étaient les mêmes discours à la gloire du président (…) Il fallait faire semblant d'écouter pour que les voisins ne puissent nous soupçonner de ne pas adhérer au régime, alors on montait le volume. Nos voisins faisaient pareil. Une atmosphère de paranoïa collective.”Dany Laferrière (2009)
“C'est si rare que je sois plus pressé qu'un écureuil. Mais aujourd'hui c'est le cas. Le voilà tout étonné qu'un passant ne cherche pas à le nourrir ou à l'amuser. On ne lui a pas appris qu'il n'était qu'un pauvre écureuil d'un minuscule parc de quartier. Les classes sociales n'existent peut-être pas chez les animaux. L'ego, oui.”Dany Laferrière (2009)
“La scène est devenue courante. Les riches fuyant les pauvres délaissent la ville pour aller vivre dans des coins de campagne de plus en plus discrets. Cela ne dure pas longtemps avant que la nouvelle se répande dans la zone de surpopulation. Et commence alors le siège. Une petite cahute dans les ravins. Une autre au pied de cette villa rose. Et en moins de deux ans un bidonville est là, asphyxiant le nouveau quartier huppé. Toute guerre n'a pour but qu'une occupation du territoire.”Dany Laferrière (2009)