“Aussi vais-je écouter Kandall lorsque le soir il réunit les enfants dans son wagon et leur raconte des histoires. Invente-t-il? A-t-il vécu tout cela? Les peuplades qu'il ressuscite pour les regarder mourir ont-elles jamais existé? Qu'importe. Les enfants l'écoutent avec des yeux immenses car Kandall sait transformer la mort en un commencement et ses récits vont bien au-delà de la tristesse. J'imagine qu'il nous racontera un jour, peut-être demain, comment est mort le peuple du train qui voulait mourir seul…”Jean Raspail livre SeptentrionSeptentrion, 1979
“Je me souviens de celle-ci, dans la bouche d'un jeune homme qui aurait aujourd'hui vieilli de quarante ans et se faisait une idée très personnelle de ses semblables : « Et cette terreur soudaine, d'être confondu parmi eux, comme on le serait dans une tribu de singe ». Et celle-là, tirée d'un vieux roman dont l'auteur m'était inconnu. Le gouverneur lisait bien, sans effet, il aimait la petite musique fragile des mots : « Une vague est morte sur nos rives matérielles. Sans bruit, sans force, car elle venait de très loin. Je l'ai prise dans le creux de mes mains. Puis elle m'a échappé et il n'en restait rien… »”Jean Raspail livre SeptentrionSeptentrion, 1979
“En mon nom, en votre nom, je prends possession de Septentrion. Il n'y a de vraie conquête que lorsqu'on sort de ses frontières palpables et impalpables sans esprit de retour. Pour n'avoir pu le comprendre, semblables à tous les hommes de ce temps, ceux qui nous ont précédés ici ont misérablement reflué au sein de la masse protectrice. Dieu merci! nous autres, nous n'en sommes plus là. Et maintenant, allons fêter cela!”Jean Raspail livre SeptentrionSeptentrion, 1979