“De l’espèce d’âme qui a la plus haute autorité en nous, voici l’idée qu’il faut s’en faire : c’est que Dieu nous l’a donnée comme un génie, et c’est le principe que nous avons dit logé au sommet de notre corps, et qui nous élève de la terre vers notre parenté céleste, car nous sommes une plante du ciel, non de la terre, nous pouvons l’affirmer en toute vérité. Car Dieu a suspendu notre tête et notre racine à l’endroit où l’âme fut primitivement engendrée et a ainsi dressé tout notre corps vers le ciel. Or, quand un homme s’est livré tout entier à ses passions ou à ses ambitions et applique tous ses efforts à les satisfaire, toutes ses pensées deviennent nécessairement mortelles, et rien ne lui fait défaut pour devenir entièrement mortel, autant que cela est possible, puisque c’est à cela qu’il s’est exercé.Mais lorsqu’un homme s’est donné tout entier à l’amour de la science et à la vraie sagesse et que, parmi ses facultés, il a surtout exercé celle de penser à des choses immortelles et divines, s’il parvient à atteindre la vérité, il est certain que, dans la mesure où il est donné à la nature humaine de participer à l’immortalité, il ne lui manque rien pour y parvenir; et, comme il soigne toujours la partie divine et maintient en bon état le génie qui habite en lui, il doit être supérieurement heureux.”Platon livre TiméeTimaeus
“Les amants, en effet, regrettent le bien qu’ilsont fait, une fois que leur désir est éteint. Ceux qui n’ont pas d’amour, au contraire, n’ontjamais occasion seyante au repentir, car ce n’est point par contrainte, mais librement, commes’ils s’occupaient excellemment des biens de leurs demeures, qu’ils font, dans la mesure deleurs moyens, du bien à leurs amis. Les amants considèrent en outre, et les dommages queleur amour fit à leurs intérêts et les largesses qu’ils ont dû consentir; puis, en y ajoutant lapeine qu’ils ont eue, ils pensent depuis longtemps avoir déjà payé à leurs aimés le juste prixdes faveurs obtenues. Par contre, ceux qui ne sont pas épris ne peuvent, ni prétexter lesaffaires négligées par amour, ni mettre en ligne de compte les souffrances passées, ni alléguerles différends familiaux qu’ils ont eus. Exempts de tous ces maux, il ne leur reste plus qu’às’empresser de mettre en acte tout ce qu’ils croient devoir leur donner du plaisir.”Platon livre PhèdrePhaedrus
“L’ÉTRANGER. Il me semble que je distingue une grande et terrible espèce d’ignorance, capable de balancer à elle seule toutes les autres. THÉÉTÈTE. Laquelle? L’ÉTRANGER. D’imaginer qu’on sait ce qu’on ne sait pas; car c’est peut-être de là que viennent toutes les erreurs dans lesquelles tombe notre esprit. THÉÉTÈTE. Cela est vrai. L’ÉTRANGER. C’est proprement ce qu’on appelle sottise.”Platon Platon: Oeuvres complètes - Les 43 titres