“Les éditeurs, il ne faut pas trop leur en vouloir : ce sont des gardiens de cimetières… Ils améliorent de vieilles tombes : pas question d'examiner ceux qui remuent encore. Ils ne se laissent même pas affoler par les feux follets. Je ne croirai à un éditeur que s'il prie.”Marc-Édouard Nabe livre Au régal des verminesAu régal des vermines, 1985
“Mon ange gardien, je me bats souvent avec lui… J'ai quelques prises de bec avec cet ange-là. Oui, bien sûr, certainement, à mon avis, chaque artiste est un ange et je suis persuadé que je ne suis pas le seul artiste parmi mes contemporains. Ce qu'il y a, c'est qu'à l'époque, les anges allaient par groupes, par troupeaux, par triangles dans le ciel, et aujourd'hui nous sommes tous isolés par cette situation post-apocalyptique, et ce grand vide n'a permis que de nous séparer tous et cette dissémination immaculée que l'on voit dans le ciel de notre époque est tragique. Enfin peut-être que ce serait bien que ces artistes entrent chacun en contact les uns avec les autres car c'est grâce à ce contact qu'on pourra établir une électricité fatale à ce désarroi que nous vivons, qui est terrible. Il faut électrocuter la médiocrité, voilà.”Marc-Édouard Nabe Coups d'épée dans l'eau, 1999
“Depuis Céline, la poésie n’a pas progressé d’un millimètre. Elle a reculé. Grâce à qui? aux Grandes-Couilles-Molles de notre époque. Grâce aux femmelettes Modiano, le Bègue-aux-Topinambours; Claude Mauriac, le Fils-Incrucifiable; Françoise Sagan, l’Oisillon-des-Sixties; Marguerite Duras Il-faut-la-noyer-dans-son-pull-over; Le Clézio, le Play-boy-à-ses-Mémères; Djian, le Loser-à-Succès; Bernard Frank, le Crocodile-Gâteux; Yves Simon, l’Imbécile-Filandreux; Jean d’Ormesson, la Vaniteuse-Vipère-Ridée; Paul Guth, Attention-Naïf-Méchant; Alexandre Jardin, l’Endive-Aigrelette; San-Antonio, le Frédéric-Dard-du-Pauvre; Philippe Labro, le Yankee-Imaginaire; Jacques Attali, le Hibou-Sans-Talent; Jean Dutourd, la Grosse-Tête-sur-la-Commode; Jacques Lanzmann, Popeck-dans-le-désert; Lucien Bodard, le Saint-Bernard-qui-a-bu-son-propre-baril…”Marc-Édouard Nabe Rideau, 2006