“Le passage du Christ par la mort a été rendu possible par son acceptation « que la volonté du Père soit faite et non la Sienne. » Bien que cela soit un grand mystère, tout chercheur de vérité sait d’expérience que tout nouveau pas sur le chemin de la vérité suppose que, après un long combat, sa volonté se rende et accepte d’être brisée. Il faut l’épreuve de l’échec et de la souffrance ressentie quand tous les assauts paraissent avoir été tentés en vain, pour que l’entendement du sujet connaissant renonce à plier le réel à ses fantaisies et accepte de laisser pénétrer en soi un peu de la lumière de la vérité.”Laurent Lafforgue
“L'exigence d'objectivation implique une descente en soi-même en même temps qu'elle est oubli de soi et de tout ce qui n'est pas raison et fin de son désir. Elle se résout et se dissout dans l'objectivation d'une vérité en connaissance, par la médiation du langage, de la parole et de l'écriture. Elle est aussi figure de la gestation et de l'enfantement, puisqu'elle pousse l'esprit à se concentrer jusqu'à faire germer la vérité en connaissance et à expulser celle-ci hors de lui-même en l'exprimant par le langage. Mais, bien que l'exigence intellectuelle d'objectivation soit une manifestation de la vie dans l'ordre de l'esprit, elle ne donne pas la vie.”Laurent Lafforgue
“Pour ma part, je ne pense pas qu’il soit possible de déterminer ce qui doit être enseigné dans les années les plus décisives si, au moins implicitement, on n’est pas habité par une vision de ce pour quoi l’homme est fait, de sa nature et du sens de sa présence dans le monde.Le contenu de tous les enseignements et l’existence même de l’école c’est-à-dire d’une institution vouée à l’instruction, me paraissent reposer non pas sur une pluralité de telles visions possibles, indifféremment interchangeables, mais sur une unique intuition fondamentale : l’homme est fait pour la vérité, sa nature la plus profonde est qu’il est capable de vérité, le sens de sa présence dans le monde est que le monde tel qu’il existe est pour lui chemin de vérité.”Laurent Lafforgue