“La notion de seconde prend de plus en plus d'importance dans les activités humaines et bientôt ce sera un dixième de seconde, puis un centième, jusqu'au jour — je ne crois pas qu'il vienne — où l'homme dira : « Et puis, après tout, qu'est-ce qu'une heure dans la vie d'un homme? » Mais cette préoccupation de la fraction de seconde n'est pas ridicule. Un fait qui se produit trop tard ou trop tôt peut dérégler le mécanisme moderne et les perturbations se propagent comme des ronds dans une flaque où l'on a jeté une pierre.”John Steinbeck livre À l'est d'ÉdenÀ l'est d'Éden, 1952, Quatrième partie, Chapitre XLIX
“Craignez le temps où l’Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée, car cette seule qualité est le fondement de l’homme même, et cette qualité seule est l’homme, distinct dans tout l’univers.”John Steinbeck livre Les Raisins de la colèreLes Raisins de la colère, 1939
“« Voici pour quoi je me battrai : la liberté pour l'esprit de prendre quelque direction qui lui plaise. Et voici contre quoi je me battrai : toute idée, religion ou gouvernement qui limite ou détruit la notion d'individualité. Tel je suis, telle est ma position. Je comprends pourquoi un système conçu dans un gabarit et pour le respect du gabarit se doit d'éliminer la liberté de l'esprit, car c'est elle seule qui, par l'analyse, peut détruire le système. Oui, je comprends cela et je le hais, et je me battrai pour préserver la seule chose qui nous mette au-dessus des bêtes qui ne créent pas. » À l'est d'Éden”John Steinbeck
“Il trouva ce qu’il allait faire. Il se dirigea vers sa pile de disques et choisit L’Art de la fugue. « Si son génie ne me donne pas de courage, autant abandonner tout de suite. » Il resta assis, immobile, écoutant Bach construire un monde, le peupler, l’organiser et finalement le combattre et être détruit par lui. Lorsque la musique s’arrêta, comme l’homme s’était arrêté lorsque la mort était venue, Doc avait retrouvé son courage. « Bach s’est battu, dit-il, il n’a pas été vaincu. S’il avait vécu, il aurait continué à se battre. Donnez-moi un peu de temps! Je veux réfléchir. Qu’avait donc Bach que je n’aie pas? N’est-ce pas la vaillance? Est-ce que la vaillance n’est pas la plus belle qualité de l’âme? » Il s’arrêta et eut soudain l’impression qu’il allait fondre en larmes. « Pourquoi ne l’ai-je pas compris tout de suite? Moi qui l’admire tant, je ne l’ai pas décelé quand je l’ai vue. Bach avait son talent, sa famille, ses amis. Chacun a quelque chose. Et Suzy, qu’a-t-elle? Rien, sinon la vaillance. Elle se bat et elle gagnera. Si elle ne gagne pas, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Qu’est-ce que j’entends par gagner? se demanda Doc. Je sais. Pour gagner, il suffit de ne pas être vaincu." Tendre Jeudi, John Steinbeck.”John Steinbeck