“Marie Mors, devant des gâteaux, tombait dans une sorte de délire assez proche de celui qui saisit la plupart des femmes au spectacle de bancs chargés d'étoffes à vendre. Assaillie dès le premier abord par un grand étalage de brimborions où voisinaient, entre des assiettes de crème fouettée décorée au moule d'un cygne ou d'une lyre, des anneaux bruxellois et d'autres au chocolat ou à la gelée avec encore des alouettes de Leipzig et de petits biscotins au gingembre, elle perdait tout de suite contenance. Cet air pointu et ces manières en étain qu'elle montrait quand on la rencontrait dehors, et qui la faisaient ressembler un peu à une clochette de vache ou à un peigne pour chien, fondaient ainsi que dans un creuset chauffé à blanc. De plus grosses pièces que je retirais alors de mes armoires précipitaient sa défaite.”André Pieyre de Mandiargues (1909–1991) écrivain françaisRecueils de nouvelles, Soleil des loups, 1951, L’Étudiantesortie, chienne, femmes, sort