“Il doit rester quelques rêves d’enfant cachés sous mon oreiller, je tenterais de ne pas les écraser avec ma tête lourde de soucis d’adulte.”Mathias Malzieu
“Pendant le long travail de contraction, ma très jeune mère observe d'un œil distrait flocons et oiseaux se casser silencieusement la gueule par la fenêtre. On dirait une enfant qui joue à être enceinte. Sa tête est pleine de mélancolie; elle sait qu'elle ne me gardera pas. Elle ose à peine baisser les yeux sur son ventre prêt à éclore… Elle pleurait déjà en escaladant la colline pour arriver ici. Ses larmes glacées ont rebondi sur le sol telles les perles d'un collier cassé. À mesure qu'elle avançait, un tapis d'étincelants roulements à billes se formait sous ses pieds. Elle a commencé à patiner, puis a continué encore et encore. La cadence de ses pas est devenue trop rapide. Ses talons se sont emmêlés, ses chevilles ont vacillé et elle a chuté violemment en avant. À l'intérieur, j'ai fait un bruit de tirelire cassée”Mathias Malzieu livre La Mécanique du cœurLa Mécanique du cœur
“Lorsque j'avais perdu ma mère, il m'avait fallu l'aide d'un géant de 4 mètres 50 pour commencer a aller mieux. Je suis un sous-doué du deuil. La peau a l'intérieur de mon cerveau est constellée de bleus qui ne s'effacent jamais. Je suis un homme-grenier. Je garde tout. Si on plantait une caméra au cœur de ma mémoire, on pourrait reconstituer ma vie, comme dans un studio de cinéma. De la joie sauvage a la colère noire en passant par la fréquence d'un battement de cils, tout est intact.”Mathias Malzieu Le plus petit baiser jamais recensé