“Souvent, ses collègues s'étonnaient de me voir derrière lui, vêtu de noir, avec mes papillotes qui dépassaient de mon grand chapeau sombre à large bord, et ma mine timide, presque effarouchée. Ils ne comprenaient pas comment un fils pourait être aussi différent de son père, sans savoir combien, dans le fond, j'était identique à lui, en ressemblant à tout ce qu'il n'était pas. Avec mon chapeau et mon petit psautier qui jamais ne me quittait, je remplissais tous les vides de mon père. J'étais son parfait complément; j'étais les habits qu'il avait laissés derrière lui en les enlevent. Ou peut-être même étais-je sa vraie peau et il n'avait emporté que ses habits, oubliant de prendre son propre corps. Pour un fils, j'étais son passé, tout en étant son future. Mon père n'avait ni barbe ni chapeau, et il portait des pantalons ordinaires avec des chemises à carreaux. Mais il n'était pas gêné de me présenter, moi, son fils, un hassid, un orthodoxe. Les professeurs semblaient se demander qui était la couverture de l'autre, et ils devaient penser que nous étions un curieux couple.”Éliette Abécassis Qumran , 1996
“Comme Job, on m'avait tout pris, mon rabbin, ma terre, mon père; comme Job en sa fragilité, il m'était envoyé quelqu'un sous les traits de la femme pour tendre un piège abominable à ma faiblesse humaine. Car elle était femme! Si délicieusement, avec sa bouche parfois ombrée de prune, ses pantalons serrés sur ses hanches, ses jupes fendues de dos et ses grands talons.”Éliette Abécassis Qumran , 1996
“Le sentier semble se poursuivre encore, toujours plus haut, jusqu'au sommet de la grande falaise. On ne peut pas continuer au-delà du dernier niveau, car c'est le grand saut dans l'inconnu qui attend celui qui voudrait continuer sa voie, et ce qui le tentèrent emportèrent leur secret avec eux.”Éliette Abécassis Qumran , 1996